Revue Internationale des Francophonies http://rifrancophonies.com/rif Revue Internationale des Francophonies fr Historique http://rifrancophonies.com/rif/index.php?id=460 La Revue Internationale des Francophonies s’inscrit dans la continuité de la Revue Internationale des Mondes Francophones dont elle se veut tout à la fois l’héritière et le prolongement. Cette dernière revue a, en effet, été créée à l’initiative de l’Institut pour l’étude de la Francophonie et de la mondialisation (IFRAMOND) par le Recteur GUILLOU et a produit 8 numéros, publiés entre 2009 et 2015 et archivés en ligne sur le site de l’Institut International pour la Francophonie (2IF) (Accéder aux numéros 1 à 8). Le professeur Marielle A. PAYAUD a été nommée rédactrice en chef par Olivier GARRO (Directeur de 2IF de 2014 à 2018) de la Revue Internationale des Francophonies, signant la nouvelle ligne éditoriale et le choix d’une publication exclusivement électronique. Nouveau nom : Revue Internationale des Francophonies, nouveau support : électronique, nouvelles exigences : évaluation des articles en double aveugle, nouveau comité scientifique, nouveau comité de rédaction et nouvelle ligne éditoriale, sous ce nouvel élan, le premier numéro voit le jour en 2017. Dès lors, la Revue Internationale des Francophonies publie deux numéros par an, accueille des numéros spéciaux comme des varia et reste attachée à l’exigence académique. ven., 13 déc. 2019 00:00:00 +0100 http://rifrancophonies.com/rif/index.php?id=460 Comité scientifique du numéro http://rifrancophonies.com/rif/index.php?id=931 Gilbert CASASUSProfesseur ordinaire en études européennes, Université de Fribourg, Suisse Marc CHEVRIERProfesseur, Département de science politique, Université du Québec à Montréal, Canada David CUMINMaître de conférences HDR, directeur du Centre lyonnais d'études de sécurité internationale et de défense (CLESID), Université Jean Moulin Lyon 3, France Micheline LABELLE Professeure émérite, Université du Québec à Montréal, Canada Guy LACHAPELLE Professeur, Université de Concordia, Canada Émilie FORTIN-LEFEBVREProfesseure, Université du Québec à Montréal, Canada Sylvie LEMASSONMaître de conférences HDR, IEP de Grenoble, France Nadine MACHIKOUProfesseur des Universités, Université de Yaoundé 2, Cameroun Issiaka MANDÉProfesseur, Département de science politique, Faculté de science politique et de droit, Centre interdisciplinaire de recherche en développement international et société (CIRDIS), Université du Québec à Montréal, Canada Justin MASSIEProfesseur régulier permanent, Directeur du Baccalauréat en relations internationales et droit international (BRIDI), Département de science politique, Université du Québec à Montréal, Canada Samy MESLIDocteur en histoire, Maître de conférences en science politique, Université du Québec à Montréal, Canada Alex PAYETTEProfesseur associé, School of Political Studies, Université d'Ottawa, Canada Jean-François PAYETTEDocteur en science politique, professeur-enseignant à l’Université du Québec à Montréal et directeur scientifique de l’Observato ven., 13 déc. 2019 00:00:00 +0100 http://rifrancophonies.com/rif/index.php?id=931 Appels à contributions http://rifrancophonies.com/rif/index.php?id=620 Appels à contributions en cours   La Francophonie interrégionale et "Une Ceinture, une Route" : de nouveaux vecteurs de transversalité ?Réception des textes : 29 novembre 2020Publication : 15 juin 2021   Francophonies, plurilinguismes et linguistique pour le développement: rôles, statuts et fonctions du français dans des situations de migrationsRéception des textes : 15 janvier 2020Publication : 15 décembre 2020   50 ans de Francophonie institutionnelleRéception des textes : 1er septembre 2019Publication : 15 juin 2020   jeu., 12 déc. 2019 00:00:00 +0100 http://rifrancophonies.com/rif/index.php?id=620 Texte introductif. La F/francophonie dans les politiques étrangères http://rifrancophonies.com/rif/index.php?id=936 Contexte Malgré des apports notables (Thérien, 1994 ; Durez, 2016 ; Turpin, 2018), la F/francophonie reste toujours peu exploité dans le champ des recherches en relations internationales, notamment pour appréhender son impact sur la dynamique de construction et de formation des politiques étrangères. La revue Politique et société consacrée aux « Prismes nationaux de la francophonie » demeure un cas d’espèce dans la discipline en remontant à 1997. C’est pourquoi la Revue internationale des francophonies souhaite contribuer aux études sur ce processus de « fabrique » des politiques étatiques à partir de l’agrégat francophone. Le présent numéro est le fruit du colloque organisé à Lyon, le 13 mai 2019, par l’Institut international pour la Francophonie à l’Université Jean Moulin Lyon 3. Le thème F/francophonie La F/francophonie1 s’impose aux chercheurs comme un objet « pluriel », traversé de multiples problématiques (Ramel, Phan, 2007, 106). Cette richesse résulte de son caractère multidimensionnel avec des référents aussi bien linguistique, didactique, économique, juridique que politique. Le vocable « francophonie » fait d’abord référence à la question linguistique avant de caractériser d’autres formes de cercles concentriques. Il aurait été utilisé pour la première fois en 1880 par le géographe français Onésime Reclus dans le but de circonscrire l’espace de diffusion et de communication lié à la langue française. Oublié pendant près de soixante-dix ans, le mot francophonie refai jeu., 12 déc. 2019 00:00:00 +0100 http://rifrancophonies.com/rif/index.php?id=936 Francophonie, politique étrangère et justice pénale internationale : des rapports ambigus. Approche comparée Afrique-Asie francophone http://rifrancophonies.com/rif/index.php?id=949 Les pays de la Francophonie entretiennent avec la justice pénale internationale des rapports particulièrement ambigus. En effet, l’Organisation internationale de la Francophonie, sous l’impulsion de la France, qui détient en son sein une place historiquement importante, semble faire de la reconnaissance de cette dernière une de ses conditions d’adhésion, en l’érigeant au rang de valeur fondamentale. En cela, et alors même que cette organisation est initialement une organisation à objet linguistique et culturel, l’OIF revêt indirectement mais nécessairement une dimension politique affirmée. Ainsi, elle constitue un véhicule de promotion de la justice pénale internationale dans la politique étrangère de ses pays membres en permettant à la France de diffuser l’un des postulats fondamentaux de sa propre politique étrangère. L’utilisation d’une telle organisation, par la France, à des fins de politique étrangère n’est pas une nouveauté. Elle a en effet l’avantage de constituer une plateforme de discussion entre les chefs d’État des pays francophones adhérents sans équivalent dans le monde des organisations internationales. Pourtant, l’appartenance à la Francophonie, si elle incite formellement les pays à adhérer au Statut de Rome de 1998 instituant la Cour pénale internationale, n’emporte pas d’adhésion réelle à cet édifice juridictionnel. La Francophonie semble constituer un vecteur ambigu d’adhésion à la justice pénale internationale caractérisé par une adhésion qui masque, en réalité, sinon une profonde aversion, à tout le moins une certaine forme de méfiance, y compris lorsqu’elle sert des objectifs de politique intérieure. À cet égard, la justice pénale internationale semble cristalliser une certaine fracture entre pays développés et en voie de développement (en particulier la relation entre la France et ses anciennes colonies), jusqu’à constituer un marqueur de la recomposition de la politique étrangère des pays francophones. Countries belonging to Francophonia show ambiguous relationships with international criminal justice. Francophonia international organization, influenced by France, whose position within the institution is historically substantial, makes international criminal justice a prerequisite for adhesion. As a consequence, international criminal justice seems to be a core value of this organization. Whereas Francophonia international organization is initially a cultural organization, it is now bound to be a political one. It could indeed be considered an institutional special purpose vehicle allowing France to convey its own foreign policy towards its member States. Doing so, France tends to impose international criminal justice to Francophone countries through an international organization gathering all Head of States. However, if Francophonia membership seems to urge member countries to adhere to international criminal justice in a formal way, this does not necessarily mean that member countries actually support that justice. Formal adhesion often hides a deep reluctance towards international criminal justice, considered as a colonial institution, even now. International criminal justice thus seems to materialize a gap between Western countries and former colonies from which former third-world countries strive to adopt a new foreign policy, more independent. jeu., 12 déc. 2019 00:00:00 +0100 http://rifrancophonies.com/rif/index.php?id=949 Madagascar et la Francophonie : Un pas de deux mouvementé http://rifrancophonies.com/rif/index.php?id=956 Les relations entre les Malgaches et le français, entre Madagascar et la Francophonie sont pour le moins erratiques. Elles ont toutes les apparences d’une relation passionnelle, entre attirance et répulsion. Mais si la composante affective et symbolique n’est pas absente, les intérêts économiques des élites malgaches semblent être déterminants. Alors que Madagascar adhère à toutes les institutions francophones et que Tananarive a vu la naissance de l’Agence de coopération culturelle et technique (ACCT) et de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF), le pays est aussi l’un des rares à avoir cherché à bannir le français en impulsant un processus de malgachisation qui a rapidement montré ses limites. Cet épisode de l’histoire malgache s’est fait au nom de la lutte contre le paternalisme et le néocolonialisme, comme une affirmation de l’identité nationale. Mais, si Madagascar présente la spécificité, liée à son insularité, de disposer d’un substrat linguistique commun mobilisable vis-à-vis de l’extérieur et principalement de l’ancienne puissance coloniale, il existe de nombreuses variantes dialectales qui recouvrent des « irrédentismes » régionaux. Ceux-ci empêchent le sentiment national d’être pleinement structurant dans la vie politique malgache. Différentes approches, anthropologiques, historiques ou économiques témoignent du poids d’une culture politique fondée sur la parenté, d’une forme de mission céleste en matière de légitimation du pouvoir et d’une problématique de la « terre des ancêtres » qui bloquent toute tentative de construction d’un État-nation sur le modèle occidental. Force est de constater que les caractéristiques des élites malgaches, faiblement structurées sur le plan idéologique et mues essentiellement par des logiques néo-patrimoniales, expliquent en grande partie le paradoxe malgache, qui est le seul pays colonisé n’ayant pas connu la guerre à s’être appauvri depuis l’indépendance. À bien des égards, les crises politiques récurrentes peuvent même être interprétées comme des rivalités d’entrepreneurs. Le caractère incontournable du recours au français dans un tel contexte trouve son pendant dans les relations internationales et notamment dans la relation à la Francophonie. Les relents de francophobie latente dans la population, qui voit dans l’ancienne puissance coloniale la cause de tous les problèmes et de toutes les crises politiques, peuvent ponctuellement être mobilisés dans la perspective de négociations, comme pour les « Îles éparses ». In fine, les positions des dirigeants malgaches à l’égard de la Francophonie se caractérisent par un pragmatisme visant à préserver les opportunités d’avantages économiques inhérents à la participation à une grande institution internationale. Au demeurant, on peut relativiser la spécificité malgache en constatant que la Francophonie est devenue elle-même un instrument à visée principalement économique, dont le discours sur les valeurs est devenu largement incantatoire, si tant est qu’il n’ait jamais eu d’autre fonction que légitimatrice. The relations between Malagasy and French, between Madagascar and La Francophonie, are at least erratic.They have all the appearances of a passionate love and hate relationship. But if the emotional component is not absent, the economic interests of the Malagasy elites seems to be decisive. As Madagascar joins all Francophone institutions and Tananarive saw the birth of the ACCT and the OIF, the country is also one of few which has strived to ban French by impulsing a process of malagasization that quickly showed its limits. This episode of Malagasy history was made to fight paternalism and neocolonialism, as a nationalist identity affirmation. Madagascar presents the specificity linked to its insularity and despite a common linguistic substrate that can be mobilized towards the outside and mainly towards the former colonial power, there are numerous dialectal variants which recover regional "irredentisms" which hampers the national feeling from being structured in the Malagasy political life. Various approaches, anthropological, historical or economical reflect a political culture based on parenthood, a form of celestial mission regarding legitimization of the power and a problematic of the "Land of ancestors" which hampers any attempt to build a Nation-State on the Western model. It’s clear that the Malagasy elites are poorly ideologically structured and driven mainly by neo-patrimonial logics, largely explain the Malagasy paradox, which is the only colonized country that has not experienced war to have become impoverished since independence. In many ways, recurring political crises can even be interpreted as rivalries of entrepreneurs. The unavoidable nature of the use of French in such a context finds its counterparts in international relations and particularly in the relationship with la Francophonie. The overtones of latent francophobia in the population which considers the former colonial power as the cause of all problems and political crises, can occasionally be mobilized in the perspective of negotiations, as for the thorny issue of the “Îles éparses”. But ultimately, the positions of Malagasy leaders with regard to the Francophonie are characterized by pragmatism aimed at preserving the opportunities for economic benefits of being part of a major international institution. Moreover, we can relativize the Malagasy specificity in the constant fact that the Francophonie has itself become an instrument with a primarily economic aim, whose discourse on values has become largely incantatory. jeu., 12 déc. 2019 00:00:00 +0100 http://rifrancophonies.com/rif/index.php?id=956 Le Maroc francophone : identité et diplomatie africaine http://rifrancophonies.com/rif/index.php?id=966 Le Maroc est confronté aux défis linguistiques posés par la construction de son identité en tant qu’État. Pendant longtemps, l’arabe a été favorisé comme moyen de résister aux normes des anciens colonisateurs et revaloriser la religion musulmane et l’histoire des empires marocains successifs. Le français n’a jamais été abandonné comme deuxième langue administrative mais il a été supprimé de l’enseignement primaire et secondaire au lendemain de l’indépendance. Depuis une quinzaine d’années, avec le choix de l’ouverture linguistique annoncé par le roi Mohammed VI et illustré notamment par une valorisation officielle de langue amazighe, le débat sur la place du français dans l’enseignement et plus généralement comme l’une des langues nationales, refait débat. Le choix de l’arabe classique, du français ou des dialectes comme langues d’enseignement fait actuellement l’objet d’un important projet de réforme qui peut prendre plusieurs années. Ces préférences idéologiques émanent des différents partis mais sont surtout déterminés par les nouvelles orientations de politique étrangère. Résolument tourné vers l’Afrique, le Maroc ambitionne d’être reconnu comme une puissance continentale. La diplomatie marocaine a noué de relations étroites avec les pays francophones en premier lieu, en renforçant les échanges économiques mais aussi migratoires. Une importante diaspora africaine de différentes origines a migré vers le Royaume, notamment pour poursuivre des études en français. D’un autre côté, les secteurs public comme privé doivent renforcer les niveaux linguistiques de leurs employés, notamment le français, afin d’accompagner cet élan national vers l’Afrique. Ainsi la formation universitaire et la diplomatie d’expertise sont devenues des leviers non négligeables au sein de cette diplomatie, et contribuent de façon réflexive à façonner l’identité du Maroc, qui se veut au croisement des cultures et des civilisations. Qualifiée dans cet article de « juste milieu », l’identité de rôle du Maroc, au sens donné par la théorie constructiviste des relations internationales, se construit ainsi le contexte de la politique africaine du Royaume. La dimension francophone de la politique étrangère marocaine est d’abord située autour d’un enjeu linguistique, avant d’être institutionnelle (la Francophonie) ou politique (la francophilie). Morocco faces the linguistic challenges of building its identity as a state. For a long time, Arabic was favoured as a mean of resisting the norms of the former colonizers and value the Muslim religion and the history of successive Moroccan empires. French was never abandoned as a second administrative language, but it was removed from primary and secondary education after independence. For the past fifteen years or so, with the choice of linguistic openness announced by King Mohammed VI and illustrated in particular by an official enhancement of the Amazigh language, the debate on the place of French in education and more generally as one of the national languages has been reopened. The choice of classical Arabic, French or dialects as languages of instruction is currently the subject of a major reform project that may take several years. These ideological preferences emanate from the various parties but are mainly determined by new foreign policy orientations. Resolutely oriented towards Africa, Morocco aims to be recognized as a continental power. Moroccan diplomacy has established close relations with French-speaking countries in the first place, by strengthening economic but also migratory exchanges. A large African diaspora of different origins has migrated to the Kingdom, particularly to pursue studies in French. On the other hand, both the public and private sectors must enhance the language skills of their employees, particularly in French, in order to support this national drive towards Africa. Thus, university training and expertise diplomacy have become significant levers within this diplomacy and contribute in a reflexive way to shaping Morocco's identity, which aims to be at the crossroads of cultures and civilizations. Described in this article as "Golden mean", Morocco's role identity, in the sense given by the constructivist theory of international relations, is thus constructed in the context of the Kingdom's African policy. The French-speaking dimension of Moroccan foreign policy is first of all based on a linguistic stake , before being institutional (Francophonie) or political (Francophilia). jeu., 12 déc. 2019 00:00:00 +0100 http://rifrancophonies.com/rif/index.php?id=966 Une nouvelle F(f)rancophonie pour l’Afrique de l’Est. Effets didactiques de la politique linguistique française en Tanzanie http://rifrancophonies.com/rif/index.php?id=975 Cet article propose de revenir sur les évolutions de la politique extérieure française et leurs conséquences sur la diplomatie culturelle et la Francophonie. La « langue étrangère » est, avant tout, le résultat d’une politique, d’un processus diplomatique. Ce pan définitionnel, trop souvent omis par les didacticiens, est pourtant sous-jacent aux travaux de Valérie Spaëth ou encore Monica Heller lorsqu’elles mettent en évidence les liens entre politiques linguistiques, idéologies et construction ontologique de la langue en tant qu’objet. Ces liens ne datent pas de la colonisation. Ils apparaissent en France dès le XVIe siècle, à l’éclosion de la diplomatie culturelle. Nous retraçons donc cet itinéraire des rapports entre politique extérieure, diplomatie et didactique des langues. Nous décrivons également l’état actuel de la diplomatie culturelle et ce que cela induit pour la Francophonie et son aménagement. Nous présentons ensuite le tournant diplomatique majeur qu’a pris, selon nous, la diplomatie française et, avec elle, la Francophonie en revenant sur l’histoire de ce couple politique et intellectuel. Après un bref retour historique retraçant la façon dont la France a orienté depuis le XVIe siècle son discours à l’égard de sa politique extérieure, nous nous arrêtons plus longuement sur la manière dont, ces dernières années, la diplomatie économique a pris de plus en plus de place au sein du Ministère des Affaires étrangères. La diplomatie culturelle, dans laquelle se trouve intégré l’enseignement-apprentissage du français, a été impactée par une orientation économique inspirée notamment par le contexte international et l’influence chinoise sur le plan diplomatique. Notre travail est centré sur la F(f)rancophonie en Afrique de l’Est, plus précisément la Tanzanie. Nous illustrons donc le rapport intérieur/extérieur en présentant la posture de la France à l’égard de la région, la façon dont les institutions satellites de la Francophonie la relaient sur le terrain par la biais d’un sas diplomatique. La France et la Tanzanie partagent des intérêts économiques et diplomatiques que la Francophonie scelle un peu plus. Ce rapprochement est scruté par le Burundi et le Rwanda, pays francophones et membres de la Communauté Est africaine, qui jouent tous deux un rôle décisionnel incontournable. Enfin, nous nous interrogeons quant à notre rôle dans ce processus spécifique de politique linguistique extérieure : comment, en tant qu’universitaires, devons-nous nous positionner face à ces idéologies mises au service du politique dans le but de modifier les programmes d’enseignement ? This paper examines the evolution of the foreign policy and its consequences on the cultural diplomacy and the Francophonie. The “foreign language” is, above all, the result of a policy, of a diplomatic process. This entire segment of the definition, too often forgotten, is nonetheless underlying the work of Valérie Spaëth or Monica Heller when they demonstrate the links between linguistic policies, ideologies and ontological construction of the language as a scientific object. The links between politics and language teaching abroad is hardly a new development and not necessarily the heritage of colonisation. They appear in France from the very start of the 16th century, at the blossoming of the cultural diplomacy. We redraw, therefore, the itinerary of the relationship between foreign policy, diplomacy and language didactic. We describe the current state of the cultural diplomacy and what it means nowadays for the Francophonie and its concrete strategic planning. We then present the major diplomatic turn that took, according to us, the French diplomacy and with it the Francophonie, looking back over this political and intellectual couple. After a brief glimpse to the past, tracing the way France had oriented since the 16th century its speech toward its foreign policy, we focus longer on how, over the past few years, the economic diplomacy has taken more and more space within the Ministry of Foreign Affairs. The cultural diplomacy, within the French language teaching is integrated, has been impacted by an economic orientation inspired notably by the international context and Chinese influence on the diplomatic aspect. The focus of our research is the Francophonie in East Africa, more specifically in Tanzania. We therefore illustrate the connection internal/external by showing the posture of France toward the region, the way Francophonie’s satellite institutions relay in the field by a diplomatic hallway. France and Tanzania share economic and diplomatic interests that Francophonie seals a little more. These rapprochements are scrutinised by Burundi and Rwanda, French speaking countries and members of the East African Community, both of them playing an inescapable decisional role. Finally, we question ourselves about our own role in this specific foreign language policy process: as academicians, how should we position facing ideologies which are used by politicians with the aim of modifying teaching programs? jeu., 12 déc. 2019 00:00:00 +0100 http://rifrancophonies.com/rif/index.php?id=975 La diplomatie française et la Francophonie : entre intérêts du pré carré africain et politique québécoise (1964-1970) http://rifrancophonies.com/rif/index.php?id=985 Inventé par le géographe français Onésime Reclus en 1880 pour définir l'espace de diffusion de la langue française au niveau mondial, le mot francophonie refait surface en novembre 1962 à l’occasion d’un numéro spécial de la Revue Esprit consacré au « Français langue vivante ». À partir de 1964, le président du Sénégal, Léopold Sédar Senghor, propose même la création d’une organisation intergouvernementale de la Francophonie. Malgré le soutien de ses homologues africains, Senghor se heurte à l'opposition de la France. Tout en reconnaissant l'existence d'une « réalité francophone », de Gaulle refuse de remettre en cause la politique franco-africaine fondée sur le bilatéralisme au profit de l'édification d'un projet de Francophonie multilatérale. Au cours des années suivantes, la position de la France va toutefois s’infléchir et permettre la création en 1970 d’une première organisation intergouvernementale : l'Agence de Coopération culturelle et technique (ACCT) qui voit le jour à l'issue de deux conférences à Niamey en 1969 et 1970. Si cette évolution n’aurait pas eu lieu sans l’insistance de Léopold Sédar Senghor et le soutien de ses homologues de l’Organisation commune africaine et malgache (OCAM), cet article a pour objet de démontrer que c’est avant tout les enjeux liés à la relation avec le Québec qui ont conduit la diplomatie française à endosser le projet de création d'une Francophonie intergouvernementale. Dans la première partie, nous verrons que la volonté du gouvernement du Québec de fonder sa personnalité extérieure sur une union linguistique a conduit le gouvernement français à adopter une attitude plus positive face aux initiatives sur la Francophonie. Dans la deuxième partie, nous verrons que tout en s'appuyant sur l'existence d'un « lobby du Québec » et sur le Secrétariat général aux Affaires africaines et malgaches (SGAAM), le général de Gaulle a souhaité conserver la haute main sur la politique française de la Francophonie en veillant à la fois au maintien de la priorité québécoise et à la préservation des intérêts de sa politique africaine. Invented by the French geographer Onésime Reclus in 1880 to define the diffusion area of French language in the world, the word "Francophonie" resurface in 1962 on a special issue of the magazine Revue Esprit dedicated to the subject: “French as a living language”. From 1964 Léopold Sédar Senghor, president of Senegal, suggests to create an intergovernmental organization for the Francophonie. In spite of the support of the other African presidents, Senghor collides with French opposition to the idea. Even though Charles de Gaulle recognized the existence of a francophone reality, he refused to call into question the franco-african policy, based on the bilateralism, in aid of a project on a multilateral Francophonie. Over the next years, French’s position bended and permitted to create, in 1970, a first intergovernmental organization: The Agence de coopération culturelle et technique (ACCT, French for Agency of cultural and technical cooperation) which was the outcome of two conferences in Niamey in 1969 and 1970. Although this evolution had not been possible without the urging of Léopold Sédar Senghor and the support from it’s counterparts at the Organisation commune africaine et malgache (OCAM, French for The African and Malagasy Common Organization), this article aims to demonstrate that it was, before everything else, the questions about the Quebec, which led French diplomacy to endorse the project of the creation of an intergovernmental Francophonie. In the first part, the article shows that the willingness of Quebec’s government to create its international personality on the bases of a linguistic union, have led French administration to have a more positive attitude towards the initiatives of the Francophonie. The second part, presents how the General de Gaulle by leaning on the existence of a “Quebec’s lobby” and the Secretary General for African and Malagasy Affairs, wanted to preserve the upper hand on French politics in the Francophonie and at the same time look after the upholding of Quebec as a priority and the preservation of French interests on its African policy. jeu., 12 déc. 2019 00:00:00 +0100 http://rifrancophonies.com/rif/index.php?id=985 Lien social entre forces de maintien de la paix et populations civiles : cas de la MINUSMA au Mali http://rifrancophonies.com/rif/index.php?id=1001 Depuis 1956, date à laquelle l’ONU a créé la première Opération de Maintien de la Paix (OMP), la Force d’Urgence des Nations Unies (FUNU) pour gérer la crise de Suez, jusqu’en 2014 avec la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation en Centrafrique (MINUSCA), toutes ces missions n’ont qu’un seul objectif : mettre fin à une crise (conflit, guerre, crise socio-politique, etc.). Mais toutes les publications faites sur ces OMP font référence à des questions classiques (surveiller un cessez-le-feu, protéger la population, construire l’appareil administratif ou judiciaire de l’État, moyen humain et technique, etc.). On aboutit toujours à un résultat négatif : l’échec de la mission. D’où l’idée de développer une nouvelle approche théorique, à savoir le maintien de la paix par le renforcement du « lien social » avec la population. Il s’agit, entre autre, de la maîtrise de la langue du pays d’intervention, de l’aide humanitaire aux victimes, de la protection du patrimoine culturel, de la contribution au développement économique du pays, de la participation au dialogue intercommunautaire, de la participation aux activités sportives et culturelles, du soutien sanitaire, etc. Autant de facteurs qui sont des sources de paix, mais absents dans les études universitaires, ou dans le jargon analytique des chercheurs et spécialistes des questions liées au maintien de la paix et de la sécurité. Since 1956, when the United Nations created the first Peace Keeping Operation (PMO), the United Nations Emergency Force (UNEF) to manage the Suez Crisis, until 2014 with the Integrated Multidimensional Mission United Nations Stabilization Mission in the Central African Republic (MINUSCA), all these missions have only one objective: to put an end to a crisis (conflict, war, socio-political crisis, etc.). But all the publications made on these operations refer to classic questions (monitoring a ceasefire, protecting the population, building the administrative or judicial apparatus of the state, human and technical means, etc.). We always end up with a negative result: the failure of the mission. Hence the idea of ​​developing a new theoretical approach, namely the maintenance of peace by strengthening the "social link" with the population. These include, inter alia, fluency in the language of the country of intervention, humanitarian aid to victims, protection of cultural heritage, contribution to the economic development of the country, participation in inter-community dialogue, participation in sports and cultural activities, health support, etc. All these factors are sources of peace, but absent in university studies, or in the analytical jargon of researchers and specialists in issues related to the maintenance of peace and security. jeu., 12 déc. 2019 00:00:00 +0100 http://rifrancophonies.com/rif/index.php?id=1001