Ligne éditoriale


1La ligne éditoriale souhaite s’appuyer sur 3 points qui sont autant de principes :

2Le premier : Parler d’un monde francophone pose sa co-existence avec d’autres mondes constitués de langues de même niveau (super-central) comme les mondes hispanophones, lusophones, sinophones… l’anglais étant actuellement la seule langue de communication mondiale. La portée d’un monde, sa spécificité, son impact ne peuvent se révéler que comparativement aux autres, et ainsi naissent les divergences et convergences de chacun par rapport à l’autre, et les complémentarités des mondes. Il s’agit donc de promouvoir – ici pour la langue française – la diversité des langues au moins « super-centrales » et des cultures qu’elles portent.

3Le second : S’intéresser à la francophonie permet de découvrir la polysémie du terme, sa portée paradoxale et de profonds espaces. Notons également la différence notoire entre francophonie et Francophonie, la première étant dédiée à l’ensemble des personnes parlant la langue française et la seconde aux institutions internationales en lien avec cette langue ainsi que les états qui participent à ce grand jeu. Evoquons également la co-existence des identités francophones, il s’agit de faire vivre les identités francophones, stimuler la multiplicité et la complexité des identités francophones, les singularités multiples…. Il ne s’agit pas de solidifier de façon défensive UNE identité francophone, mais de faire dialoguer des identités francophones au sein d’une « maison commune », la langue-culture française.
Des questions s’imposent alors : comment l’imbrication se fait-elle ? La recherche académique peut-elle créer du sens, du lien, du liant à cette imbrication ?

4Le troisième : Sensibiliser à la Francophonie, nécessite de s’adresser à tous les francophones : le français langue maternelle (qui n’est pas nécessairement exclusive, comme dans les familles bilingues), le français langue d’adoption (l’étranger qui vit dans cette langue), le français langue seconde (Sénégal), le français langue étrangère (parfois remarquablement bien parlée comme les russes ou les slaves). Le français « lingua franca » permettant à des natifs de langues différentes de communiquer entre eux en français appris. Le plus souvent, la recherche francophone ne peut sensibiliser qu’un public francophone qui, par définition et a priori, est déjà sensibilisé. La connaissance produite sur, autour, pour la Francophonie doit être partagée avec chacun. Les spécificités académiques, géopolitiques… d’un monde doivent être connues des autres mondes et ainsi participer à un enrichissement à la fois mutuel et propre à chacun. Comment alors démontrer, justifier, convaincre de particularités, de spécificités francophones à des publics qui ne le seraient pas ? L’objet « Francophonie et francophonie » peut ainsi être véhiculés dans des langues différentes de celle du français.

5La ligne éditoriale de la Revue Internationale des Francophonies a pour objectif de s’intéresser d’une part à l’imbrication de ces dimensions :

  • Y a-t-il des objets spécifiquement francophones ?

  • Pouvons-nous parler d’identité francophone ?

  • Les grandes questions de nos sociétés mondialisées ont-elles une coloration typiquement francophone ? Pouvons-nous leur apporter des réponses à coloration francophone ?

    • Qu’en est-il, par exemple, des migrations dans l’espace francophone ?

    • Qu’en est-il, par exemple, de l’usage des médias ou de la perception des médias ?

6La ligne éditoriale de la Revue Internationale des Francophonies a pour objectif de questionner d’autre part la spécificité d’une recherche francophone et/ou à l’intérêt de travailler sur l’existence d’une spécificité de la recherche francophone. Une spécificité qui ne peut être avérée que dans la comparaison de la manière dont est traité l’objet :

  • Quelles sont les spécificités d’une recherche francophone en marketing ? Quels sont les convergences et divergences avec les recherches anglophones ? lusophones ?

  • La recherche francophone en anthropologie est-elle porteuse de valeurs différenciées ?

  • La francophonie peut-elle orienter objets de recherche ?

  • Que devient la recherche francophone dans face aux critères de publication ?

7Quel que soit l’objet, le projet, le comité de rédaction souhaite valoriser les regards croisés, l’interdisciplinarité, les comparaisons pour que le monde francophone puisse être une ressource des autres mondes.
Cela suppose également qu’une recherche francophone puisse être diffusée en d’autres langues, afin d’inviter peut-être que des recherches sur les objets lusophones, germanophones soient publiées en français et qu’enfin les mondes s’interconnectent. L’interconnexion est aujourd’hui facile : la voie numérique.
Une revue n’a de raison d’être que si elle est connue, lue et diffusée. Encore une fois, aujourd’hui, le canal qui répond à ces trois conditions est la voie numérique.

8Pour conclure, les chercheurs enverront leur proposition d’article qui sera évaluée en double aveugle. La Revue Internationale des Francophonies sera visible sans abonnement, le lecteur pourra télécharger gratuitement les articles de son choix.
La revue souhaite être est au service de la langue-culture (nous pensons « en langue »), c'est-à-dire de la langue non pas (seulement) véhiculaire ou de communication mais de la langue indissociable d’une vision du monde, d’une façon de vivre… Les langues-cultures sont « à penser » et « à vivre », « à aimer »…
La Revue Internationale des Francophonies doit chercher à promouvoir le français comme langue-culture à l’intention (comme lecteurs et auteurs) de ces différentes couches de locuteurs « au nom de la diversité des langues et des cultures » (Hagège, 2006) avec les visions du monde et les ontologies que cette langue structure différemment de l’anglais notamment. Ainsi, la revue promeut l’idée que l’on se fait d’une langue (une culture, une histoire, une vision du monde…) plutôt qu’une langue arrachée de son substrat comme l’anglo-américain quand il devient langue de seule communication. En défendant le français comme culture, histoire… on défend toutes les langues… dont l’anglais.

9Directeur de publication : Olivier Garro

10Rédacteur en chef : Marielle A. Payaud


Pour citer ce document

, «Ligne éditoriale», Revue Internationale des Francophonies [En ligne], publié le : 11/07/2017, URL : http://rifrancophonies.com/rif/index.php?id=463.

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